Nos excuses

10 juin , 2008

Simplement un petit mot pour indiquer quel bordel peut être l´utilisation d´internet dans les régions les plus reculées du Brésil lorsqu´on est un groupe… Depuis le début du voyage, nous écrivons des choses destinées a être publiées sur le blog, et ce n´est qu´aujourd´hui, 10 juin 2008 que nous pouvons enfin publier. Tout d´abord, la lenteur d´internet, due a la précarité de la connexion ralentit beaucoup nos activités intercibérale, en plus de, dans mon cas, provoquer d´horribles migraines (ceux qui me connaissent savent a quel point je suis á l´aise avec tout ce qui est électronique…) Pour ajouter à cette difficulté, il nous faut très souvent dealer avec la dynamique de groupe, et les divers rythmes de chacun, ce qui empêche beaucoup la possibilité de s´attarder trop longtemps dans des cafés internet. Bref, ne pensez pas quon vous ait négligé tout ce temps, et que je viens de me taper une  nuit blanche dans un café internet pour rattraper les blogs perdus, c´est simplement la première occasion qu´on a de publier tout ce qu´on écrit depuis le début. On vous aime, et vos commentaires sont les bienvenus!

 

Marie-Eve

Belém do Para

10 juin , 2008

 

On arrive à la civilisation après 30 heures de navigation (allez voir le blog d’Élodie pour de plus amples détails sur la traversée nocturne hihi) . Belém nous sourit, et nous lui sourions en retour. Nous marchons vers la Casa Vermelha, une superbe maison magnifiquement située au centre ville. On marche, les yeux grand ouverts. Cette ville de quelque 1,5 millions d´habitants ressemble à New York à côté de ce qu’on a vu avant. On arrive donc à la Casa une espèce d’auberge espagnole, pour ceux qui ont vu le film. Les proprios, Rozilda et Ian nous accueillent, comme bien d’autres dans leur demeure. Le rez-de-chaussée est a nous, le reste est à autre voyageur ou locataire venu de partout et ayant quelque chose pour payer.  Important de mentionner que la maison ressemble à un château, pour nous, rats de fonds de cales que nous sommes, habitués à un hamac et un bateau. Ok il y a toujours le hamac, mais au moins on est climatisés…Après une ô combien bénéfique session de lessive, on se met en route pour FotoAtiva pour une rencontre avec Miguel, l’initiateur d’un projet environnemental de photographie. Petite discussion, on le reverra demain. En attendant, on va boire une bière à la micro brasserie du port, (qui représente un lieu substantiel d’activités pour les gens de la haute Bélemoise. Une magnifique vue sur l’eau, on sirote notre bière  au Bacuri, (fruit du palmier)  en ne s’inquiétant de rien. Ensuite, soirée au théâtre. Rozilda nous a réservé des billets. En route, Annie se fait héler par Calibre, un vieil ami musicien rencontré dans un voyage passé au Brésil. Il n’y a pas à dire, Belém est la ville des rencontres. Le spectacle est épatant. Trois femmes, des voix magnifiques, un décor et une mise en scène tous simples. Nous sortons étonnés du superbe théâtre à la construction un peu 18è siècle. Étonnés, oui, qu’on puisse faire autant de choses avec sa bouche : la femme jouait de la guitare en chantant et en faisant du beat box, alors que de l’autre main elle faisait des percussions. Cirque du soleil, tu peux te rhabiller! En somme, journée suintante, et soirée magnifiquement glamour pour notre arrivée a Belém.

L’hôtel fantôme

10 juin , 2008

L’hôtel fantôme

Le gouvernement brésilien a réussi à nous ébranler sérieusement aujourd’hui. On est alles visiter l’avortement de ce qu’aurait pu être un superbe projet.Le gouvernement de l´état, en partenariat avec quelques ONG, avaient mis sur pied un projet hôtelier très prometteur. Imaginez un hôtel superbement construit au milieu de la jungle, surplombant le fleuve. À l’intérieur, toutes les commodités : restaurent, cinéma, salle d’ordinateurs. De quoi donner un essor pas si mal à Baillique une communauté du nord de l’Amazonie, déjà tellement négligée. Et pas seulement ça, imaginez les répercussions : plus de demande de fruits, de poissions, une meilleure production, un début pour d’autres projet…Bref, ce projet avait tout pour réussir, et aurait garanti à des centaines de personnes un travail, en plus de mettre l’Amazonie sur la map touristique. À cette époque, le gouverneur de l’état d’Amapa était Capi, sans vouloir être subjective, sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées à Amapa, depuis sa séparation du Parà. Capi a donné plus de 70% des subventions pour le projet. Sous lui, l’hôtel s’est construit et organisé. Le lancement était presque prêt. Il ne restait qu’à acheter les meubles et le matériel électronique, mais le gouvernement a changé. Le successeur de Capi était beaucoup plus à droite que lui. Il existe au Brésil, et sans doute dans plusieurs États (loin de moi la prétention d’être spécialiste de la politique sud-américaine) ce concept de table rase qui veut que le nouveau gouvernement éradique toute trace de son prédécesseur avant d’entamer ses propres projets. Narcissisme, inefficacité, ridicule, aurez vous envie de crier! Eh bien, nous aussi. La bouche grande ouverte, on écoutait Beto raconter comment après Capi, le nouveau a refusé de compléter les subventions du projet quasi achevé, parce qu’il s’associait trop à son goût à l’image de Capi,  beaucoup plus socialiste. Résumons. Pour une question de nom, le gouvernement rejette un projet qui, je vous le répète, aurait permis à toute une communauté de s’épanouir! Il met tout à l’eau. Adieu emplois, revenus stables pour une communauté, développement durable. Jetons tout aux poubelles et entamons quelque chose d’autre. Une fois le moton digéré, on m’explique que  tout fonctionne de cette manière ici. Il y a des histoires de gouvernements qui, en prenant le pouvoir, ont jeté tous les ordinateurs de la fonction publique qui avaient été achetés par l’ancien, pour en racheter des nouveaux. Quand je pense qu’au Québec on chiale à cause de la dette!

 

Marie-eve

 

Petit mot sur l’alimentation brésilienne, qui est fermement, incontestablement, indubitablement carnivore. S’il n’en tenait qu’à eux, nous aurions du jambon au déjeuner, de la feijoada au dîner et du boeuf ou du poulet au souper, jour après jour. Inutile de mentionner le danger d’une telle ingestion de viande pour nos pauvres estomacs nord-américains…Il nous fallut moult négociations pour avoir droit à des fruits sur le bateau, et à de la salade dans les repas. Pour notre cuisinier, s’adapter à notre étrange amour de la verdure ne fut pas une tache facile. Heureusement, sa gentillesse n’a d’égale que sa pense, et il prit soin, depuis notre toute première critique, de répondre au moindre de nos désirs. Aussi pouvons nous maintenant déguster des avocats, des mangues, des melons, plus gros qu’on ne pourrait en rêver. Merci cuisto! N’empêche, c’est quand même étrange, côtoyer autant de délices naturels et s’entêter à manger de la viande…

Le pêcheur

10 juin , 2008

 

 Troisième jour à Baillique. On a déjà rencontré plusieurs personnes de la communauté mais cette fois, pour la première fois, on a réellement connaissance de la vie brésilienne. Un petit bateau était accosté à côté du nôtre. Dedans, 5 marins, qui attendent de réparer leur embarcation pour repartir pêcher au large. Un des pêcheurs nous a fait l’honneur de nous accorder quelques minutes pour nous parler de son métier. Un homme vraiment intéressant. Il a patiemment répondu à toutes nos questions. Ses petits yeux noirs, plus que nous regarder, nous sondaient, semblaient analyser chaque détail de notre physionomie. Personnellement, mes yeux en faisaient autant. Petit, les mains calleuses, l’air d’avoir dans le corps chaque instant passé en mer, il respirait la paix.  Ce qui était vraiment impressionnant, c’est que, loin d’être mécontent de sa vie que lui même qualifiait de difficile, il bénissait ses quarante deux ans de métier avec une passion qu’un PDG de compagnie égalerait difficilement. Au lieu d’être amer des conditions de vie qu’il savait peu enviable, il respirait l’amour qu’il avait  pour ses coéquipiers, ses quatre filles (dont il nous dit avec fierté qu’elles allaient toutes à l’université), et son métier. Un peu plus loin sur le quai, des enfants minuscules s’amusaient dans l’eau souillée du port. Ils jouaient avec une  pièce de monnaie, la lançaient, la rattrapaient, et riaient comme je n’ai jamais vu rire un enfant. En voyant ça, je ne pouvait m’empêcher de penser à l’air blasé des enfants québécois qui  reçoivent le Playstation 3 qu’ils avaient demandé pour Noël, et (sans vouloir être quétaine) des larmes jaillissent de mes yeux.
Je veux évidemment éviter de faire cliché, mais il faut absolument que je raconte à quel point ce simple matin passé sur le quai de Bailique m’a bouleversée. Des centaines de fois, comme sûrement bien d’autres, on m’a fait la réflexion que j’étais chanceuse d’être ou j’étais, que je faisais partie d’une minorité de privilégiés dans un monde ou la vie est loin d’être facile. Cette fois-ci, je vivais l’expérience, je voyais, touchait, sentait le choc culturel. Je me rends vraiment compte que je ne pouvait pas apprécier la vie que j’avais avant ce jour. Je savais très bien, avant, que tout le monde ne naît pas avec la même chance, j’avais parfaitement conscience des écarts monstrueux de richesse qui surplombent notre planète. Mais pour la première fois, j’étais capable de ressentir une sincère reconnaissance pour tout ce qui m’a été donné depuis ma naissance.Je veux éviter le banal cliché de la fille qui voit la pauvreté et qui crie à qui veut l’entendre qu’il faut se contenter de ce qu’on a parce que d’autres vivent pire. Je n’ai pas d’admiration pour le pêcheur parce qu’il est pauvre, mais parce qu’il a choisi d’être fier et heureux de sa vie, au lieu de regretter ce qu’il n’aura jamais. Il ne faut jamais cesser de tenter d’améliorer son propre sort, qu’on soit  millionnaire ou quêteux . Et la question n’est pas d’évaluer la valeur des peines de chacun, ni de nier celle des occidentaux sous prétexte qu’il naissent privilégiés. Je veux simplement dire qu’aujourd’hui, j’ai appris à être profondément reconnaissante de ce que j’ai, grâce à un vieux marin qui a bien voulu partager avec moi un bout de sa vie.

 

Macapa

10 juin , 2008

 

Chaude et humide était Marie-Eve … ainsi que notre descente de l’avion, qui pour la première fois se faisait à l’extérieur, par le classique petit escalier descendant. La première de cinq caméras nous filmait déjà. Gavin, un réalisateur montréalais qui habite le Brésil depuis huit ans commençait à faire de nous les stars d’un documentaire concernant l’expédition. Pour ne pas nous donner tout de suite le mal de mer, nos GO (gentils organisateurs) nous firent dormir dans un hôtel arborant les cinq étoiles…représentant les victoires brésiliennes de la coupe du monde de soccer, bien entendu! Mais avant cela, une armée de journaliste nous assaillit : c’est qu’il ne faut pas grand chose pour attirer l’attention des Macapense. Maintenant célèbres, les lunettes de soleil étaient de mise pour aller faire toutes les courses nécessaires à notre vie navale. Premier achat : un hamac. Principal moyen de dormir des Brésiliens, on en retrouve un peu partout au coût de 15 $ canadien, filet anti-moustique inclus. Un peu moins cher qu’au Camp de base non?
Premier repas brésilien : gracieusement cuisiné par la mama de Beto, le directeur de Navêgar Amazonia,  un crocodile, de la feijoada, du bœuf, et bien d’autres mets typiquement brésiliens. L’expédition s’annonce bien…

 

Le départ

10 juin , 2008

 

Un vol long et pénible nous attendait en ce froid mercredi  de printemps. Une auto, un aéroport, un avion, encore un aéroport, et un autre avion, et finalement Belém. On entamait nos neuf heures d’escale avec fatigue et impatience. Cependant, les gardes de sécurité avaient une tâche solide : montrer à neuf Canadiens que dans un aéroport on dort assis sur une chaise, avec autant de classe que le permettent 24 h d’éveil consécutives. C’est à ce moment que le vrai apprentissage du portugais commence. Avoir deux langues officielles n’est pas à la mode à Belém, et pour manger il faut parler portugais… ou demander à Geneviève… Pour finir, cinquante minutes encore assis et Macapa s’offrait à nous.

Après plusieurs semaines, voir même plusieurs mois, de préparation, le groupe d’Amazonie 2008, maintenant incluant 7 étudiants et 3 accompagnateurs est près pour son voyage. À la suite d’un souper bénéfice, d’une fin de semaine d’empaquetage et de hot dogs et le party de fin de session de Nouvelles-Frontières, on a essayé de ramasser autant d’argent pour adoucir les coûts.

 

Mais bon, il reste deux jours avant notre périple, et j’espère bien que tous à fait ses bagages! Je suis certaine que je parle pour le groupe en disant qu’on se sent tous excité de partir vers le Brésil pour une aventure vraiment spéciale.

 

Donc sur ce, je vous laisse et on se reparle au Brésil!

Ciao!

Gabriela  

Nos charmants accompagnateurs ont jugé qu’il serait bien de passer un peu de temps ensemble pour resserrer les liens du groupe et savoir un peu ou on s’enligne. C’est donc un peu inquiets (ils ont aussi jugé qu’omettre de nous dire ou nous allions était une excellente façon de nous apprendre à « dealer » avec l’inconnu…) que nous sommes partis, le 4 avril 2008 conquérir Montréal en voiture comme des grands. Mission: réussir à trouver la maison de Simon sans se perdre, ni tuer un pauvre piéton montréalais qui traverse n’importe quand. Il faut aussi mentionner que cette soirée-là, il « slushait » (oui oui, c’est un mot), ce qui compliquait beaucoup la tâche de nos courageuses conductrices. Nous y sommes finalement parvenus. Salutations, souper dans un super resto Brésilien, dodo, telle fût notre première soirée ensemble. Le lendemain, on repartait déjà vers une autre destination mystère: un chalet de Rawdon. Ouuuu….

De multiples activités ( danse, photo, repas, films, exposés, feu de camp dans un tipi, raquette) ponctuèrent notre fin de semaine, entre les périodes de « fouerrage » dans un lit. C’est avec étonnement qu’on a constaté la vitesse record avec laquelle on est devenus proches les uns des autres. Après quelques heures, on était passé du stade de connaissance à laquelle on fait un sourire poli lorsqu’on la croise dans le couloir, à celui d’amis. C’est ce qu’on appelle du bon temps. En sortant du chalet, dimanche soir, je crois que tous se sont dit, une larme à l’oeil, « j’espère que ca va être aussi tripant au Brésil! »

Ces activités de préparation sont des étapes essentielles lorsqu’on voyage en groupe. C’est le moment ou on peut voir la personnalité de chacun: ce qu’il aime, ce à quoi il rêve la nuit, comment il mange son hamburger… En sachant toutes ces choses, il est possible de porter une attention à l’autre, ce qui évite souvent bien des conflits. En plus, passer trois semaines sur un bateau en compagnie d’amis, c’est beaucoup plus tripant qu’être confiné trois semaines avec des inconnus!

Chamo-me Gabriela!

8 avril , 2008

Bonjour à tous!

                                                                                                                 

Je m’appelle Gabriela, je suis une étudiante au Collège Pré-universitaire Nouvelles-frontières en fin de ma 4e session en Sciences humaines et je suis la co-créatrice de ce blog. Ce projet m’a été présenté lors de mon cours des défis de la planète la session dernière et m’a intéressé au moment où Simon, Geneviève et Annie on présentés le projet. C’est une opportunité pour moi de non seulement voyager, mais d’apprendre et d’interagir avec des personnes différentes de moi. L’environnement a toujours été quelque chose qui me concernais, et ce voyage me donnera l’opportunité de réagir face à ce problème et de revenir au Canada avec un esprit de changement.

 

J’apprécie beaucoup le groupe avec lequel je me trouverai pendant ces trois semaines et je crois qu’on pourra vraiment faire quelque chose de bien qui va nous marquer pour le restant de nos vies!

 

Ce blog existe pour que vous, chers lecteurs, puissent nous suivre pendant nos péripéties et de pouvoir partager nos expériences personnelles face à un tel projet!                                    

 

Je souhaite à tous une bonne lecture!

Ciao!

Gabriela