L’hôtel fantôme

10 juin , 2008

L’hôtel fantôme

Le gouvernement brésilien a réussi à nous ébranler sérieusement aujourd’hui. On est alles visiter l’avortement de ce qu’aurait pu être un superbe projet.Le gouvernement de l´état, en partenariat avec quelques ONG, avaient mis sur pied un projet hôtelier très prometteur. Imaginez un hôtel superbement construit au milieu de la jungle, surplombant le fleuve. À l’intérieur, toutes les commodités : restaurent, cinéma, salle d’ordinateurs. De quoi donner un essor pas si mal à Baillique une communauté du nord de l’Amazonie, déjà tellement négligée. Et pas seulement ça, imaginez les répercussions : plus de demande de fruits, de poissions, une meilleure production, un début pour d’autres projet…Bref, ce projet avait tout pour réussir, et aurait garanti à des centaines de personnes un travail, en plus de mettre l’Amazonie sur la map touristique. À cette époque, le gouverneur de l’état d’Amapa était Capi, sans vouloir être subjective, sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées à Amapa, depuis sa séparation du Parà. Capi a donné plus de 70% des subventions pour le projet. Sous lui, l’hôtel s’est construit et organisé. Le lancement était presque prêt. Il ne restait qu’à acheter les meubles et le matériel électronique, mais le gouvernement a changé. Le successeur de Capi était beaucoup plus à droite que lui. Il existe au Brésil, et sans doute dans plusieurs États (loin de moi la prétention d’être spécialiste de la politique sud-américaine) ce concept de table rase qui veut que le nouveau gouvernement éradique toute trace de son prédécesseur avant d’entamer ses propres projets. Narcissisme, inefficacité, ridicule, aurez vous envie de crier! Eh bien, nous aussi. La bouche grande ouverte, on écoutait Beto raconter comment après Capi, le nouveau a refusé de compléter les subventions du projet quasi achevé, parce qu’il s’associait trop à son goût à l’image de Capi,  beaucoup plus socialiste. Résumons. Pour une question de nom, le gouvernement rejette un projet qui, je vous le répète, aurait permis à toute une communauté de s’épanouir! Il met tout à l’eau. Adieu emplois, revenus stables pour une communauté, développement durable. Jetons tout aux poubelles et entamons quelque chose d’autre. Une fois le moton digéré, on m’explique que  tout fonctionne de cette manière ici. Il y a des histoires de gouvernements qui, en prenant le pouvoir, ont jeté tous les ordinateurs de la fonction publique qui avaient été achetés par l’ancien, pour en racheter des nouveaux. Quand je pense qu’au Québec on chiale à cause de la dette!

 

Marie-eve

Laisser un commentaire